Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de consulter un sexologue. Je ne peux donner ici que quelques exemples très généraux et fréquents des troubles traités par la sexologie.
Qu'ils concernent la personne qui consulte ou son/sa partenaire, les motifs les plus fréquents sont :
- Les problèmes de désir : le désir étant fluctuant et devant être entretenu, il peut s'agir d'une absence de désir, d'une perte de désir, d'une diminution du désir. Un désir sexuel trop grand, trop fréquent (plus rare que la baisse de désir, mais ça existe) peut parfois créer certaines difficultés ; une sexualité compulsive, des difficultés de couple car le/la partenaire a des besoins sexuels moins importants... Le désir sexuel peut connaître des perturbations pour des raisons psychiques (stress, anxiété, angoisse de performance, difficultés financières, difficultés professionnelles, soucis d'ordre familial, manque de confiance en soi, une image de soi qui ne plaît pas...) mais varie également en fonction de l'état de santé de l'individu ; fatigue, hormones (taux hormonal perturbé), prise de médicaments (antidépresseurs par exemple)...
- Les troubles de l'érection et de l’éjaculation : l'impuissance par exemple (qu'on appelle aussi dysfonction érectile, c'est-à-dire la difficulté à avoir une érection et/ou de pouvoir maintenir l'érection), une absence d'éjaculation (l'homme ressent l'orgasme mais il n'y a pas de sperme, il s'agit d'une anéjaculation), une éjaculation sans plaisir, une éjaculation rapide (appelée aussi éjaculation précoce, elle est difficilement contrôlable par l'homme et arrive trop tôt, sans qu'il l'ait souhaitée).
- Les troubles de l’orgasme : ils concernent à la fois les hommes et les femmes. Il s'agit de la difficulté d'arriver à la jouissance, ou l'absence même de jouissance.
Pour peu que l'on s'intéresse à la sexualité féminine, on ne peut éviter de répondre à la question de la différence entre orgasme vaginal et clitoridien, voire même de prendre parti quant à l'opposition qui se fait entre un orgasme clitoridien et un orgasme vaginal. Pourtant l'orgasme vaginal et l'orgasme clitoridien ne doivent pas être perçus comme antagonistes ! L'orgasme clitoridien aura tendance à être plus facile à atteindre que l'orgasme vaginal (et cela s'explique notamment par une innervation plus importante au niveau du clitoris que du vagin). Parvenir à un orgasme vaginal demande donc un apprentissage et une connaissance de son corps un peu plus précise que pour arriver à un orgasme par stimulation clitoridienne. Alors, à la question "vaginale ou clitoridienne ?", apprenez à répondre "vaginale et clitoridienne !".
- Les problèmes relationnels : jalousie, dépendance affective, violence, mésententes conjugales, trahisons… la vie d'un couple est mouvementée, faite de hauts et de bas. Avec l'apparition des nouvelles technologies les rencontres se font de plus en plus facilement et rapidement (je pense notamment aux réseaux sociaux ou aux sites de rencontres qui proposent aussi une géolocalisation des membres). De nouveaux comportements sexuels apparaissent, de nouvelles questions surgissent, notamment sur le thème de la fidélité ou de ce qui fait couple aujourd'hui.
L'internet qui propose une multitude d'images à caractère érotique et/ou pornographique de toutes sortes (amateur, pro, spécialisées...) crée des comportements qui risquent parfois de mettre le couple en péril (addiction à la pornographie par exemple). Comment concilier envies/besoins individuels avec ceux relatifs au couple ? Quand on est en couple, la sexualité est elle toujours forcément partagée avec son compagnon ou est-elle à vivre aussi de manière individuelle ? Quelles sont nos limites ?
- Les expériences traumatisantes : abus, inceste, viol... Consulter un sexologue permet de pouvoir comprendre et surmonter ces événements douloureux pour se sentir libre dans sa sexualité, sans culpabilité, sans rester victime. Il est possible de dépasser ces événements afin qu'ils acquièrent une portée positive dans le parcours sexuel de la personne, que celle-ci se sente active dans le choix de sa sexualité et dans l'accès à son désir et à son plaisir.
- Les troubles sexuels liés à une période spéciale de la vie : à la suite d'une grossesse, d'une ménopause le désir peut être mis à mal (le désir sexuel peut être en baisse par exemple), il est parfois aussi difficile pour la femme (qui vient d'être maman ou qui ne pourra plus l'être) d'investir sa sexualité d'une manière différente, de se sentir à nouveau désirable et féminine.
L'espérance de vie augmente et la vie sexuelle se prolonge également. La sexualité des hommes et des femmes plus vieux, la sexualité des seniors, demande parfois une adaptation. En effet, le corps a changé, la physiologie sexuelle s'est modifiée. Par exemple, l'érection comme la lubrification vaginale demandent plus de temps qu'auparavant pour se produire. La qualité de la relation sexuelle à cette période de la vie dépendra donc fortement de la complicité du couple, de la facilité de communication du couple, de pouvoir entendre les nouveaux besoins sexuels de son/sa parenaire et de varier les plaisirs sexuels.
- Les problèmes d'image corporelle : dans la société actuelle l'image que l'on donne de soi prend beaucoup d'importance. Mais comment se construire une image de soi valorisante à ses yeux, tout en tenant compte de cet "impératif" social ? La représentation que l'on a de nous-même va déterminer fortement la manière dont nous allons entrer en contact avec l'autre et la qualité de l'échange intime que nous pouvons vivre. Bien dans son corps, bien dans sa tête !
- Le manque de confiance en soi, un besoin d'être rassuré, la timidité : chaque individu a un caractère particulier. Il n'est pas aisé pour certains d'entre nous d'aller à la rencontre de l'autre. Pourtant il serait dommage de passer à côté d'expériences agréables. Le manque de confiance en soi, le besoin d'être rassuré et la timidité sont encore moins faciles à gérer lorsque la personne connaît des troubles sexuels, car ceux-ci induisent souvent une remise en question chez la personne, qui modifie alors son comportement ou certaines de ses attitudes.
Pour d'autres individus, la question de la "normalité" peut apparaitre lorsqu'ils ont vécu une expérience sexuelle particulière, ou qu'ils ont des pensées extra-ordinaires. Ils sont alors fragilisés, ils doutent d'eux-même ou de ce qu'ils ont pu faire. Il est primordial de pouvoir dans ces situations prendre soin de soi en consultant un professionnel qui peut vous rassurer et vous encadrer dans vos réflexions.
- Les troubles liés à l'orientation sexuelle : à ne pas confondre avec l'identité sexuelle, l'orientation sexuelle concerne l'attirance sexuelle, ce vers quoi notre désir sexuel se porte. Est-on attiré par les hommes, par les femmes, par les hommes et les femmes ? Ou n'avons-nous pas d'attirance sexuelle, sommes-nous asexuel (et pas asexué puisque cela signifierait ne pas avoir de sexe...) ? Il s'agit de tous les questionnements en lien avec l'hétérosexualité, l'homosexualité, la bisexualité, l'asexualité...
- Les troubles liés à l'identité sexuelle : c'est un trouble sexuel différent de celui de l'orientation sexuelle puisqu'il s'agit de la manière dont on se sent homme ou femme, homme et femme, ou ni l'un ni l'autre...
- Les douleurs lors de rapports sexuels : c'est ce qu'on appelle la dyspareunie. Les douleurs sont présentes aussi généralement dans le vaginisme (l'incapacité à être pénétrée dûe à une contraction involontaire de certains muscles).
- Les perversions sexuelles : sado-masochisme, fétichisme, voyeurisme, exhibitionnisme, travestisme... Quand est-ce-qu'un comportement peut-être qualifié de pervers ?
- L'information sexuelle : pour les enfants et les ados on appelle plus volontiers cela l'éducation sexuelle, mais que l'on soit jeune ou moins jeune, l'information sexuelle est importante, puisqu'elle permet d'élaborer sa sexualité. La sexualité n'est pas quelque chose que l'on subit, elle s'apprend et se construit. Nous pouvons choisir la manière dont on souhaite la vivre. Avoir de bonnes informations permet aussi d'avoir une idée sur l'aspect "normatif" de la sexualité.
- Les conseils conjugaux : une relation nouvelle apporte spontanément des moments de découverte, de fraîcheur, et une bonne dose d' énergie ! Le jeu et l'érotisme sont très souvent au rendez-vous. Malheureusement il n'est pas facile de maintenir ces ingrédients au sein de la relation au fil du temps. Gérer une relation de couple demande d'abord d'y consacrer du temps (la sexualité passe souvent après tout le reste, mais c'est une question de priorités ! ) ensuite, connaître quelques trucs et astuces permet de maintenir ce désir et cet érotisme au sein du couple. Place au jeu et à l'imaginaire !
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